Pourquoi envoyer votre CV à un cabinet de recrutement est souvent la pire stratégie

15 mai 2026

Le recruteur n'a pas le pouvoir de vous recruter

Chez TheWhiteRabbit, nous recevons régulièrement des messages de candidat·es qui nous contactent spontanément, espérant que nous les aidions à trouver leur prochaine opportunité. Bien sûr, que nous aimerions pouvoir accompagner tout le monde.

Mais voilà la réalité : nous travaillons pour des entreprises clientes, pas pour des candidat·es.
Nous sommes mandatées pour aller chercher des profils très précis, sur des postes très spécifiques. Si votre profil ne correspond pas exactement à l'un de ces mandats actifs au moment où vous nous écrivez, nous ne pourrons rien faire pour vous — même si vous êtes brillant·e.

Ce serait vous rendre un mauvais service que de vous laisser croire le contraire.

Alors plutôt que de vous répondre avec un "nous gardons votre candidature en tête" (la plus belle promesse que personne ne tient jamais), nous préférons vous donner les vrais outils pour avancer. Parce que si nous faisons bien notre métier, c'est justement parce que nous comprenons comment fonctionne réellement le recrutement — et la plupart des candidat·es, eux, ne le savent pas.

La recruteuse, le recruteur, n'a pas le pouvoir de vous recruter


Commençons par briser un mythe. Dans la grande majorité des cas,
le ou la recruteur·euse n'a aucun pouvoir de décision finale. Iel est mandaté·e par un·e manager opérationnel·le — le ou la futur·e responsable hiérarchique — pour filtrer des profils. C'est ce·tte manager qui décidera, in fine, avec qui iel travaillera au quotidien.

C'est exactement comme dans l'immobilier : l'agent·e est mandaté·e par le propriétaire pour vendre. Vous pouvez séduire l'agent·e autant que vous voulez — c'est le propriétaire qui signe.

Or, cette logique a une conséquence directe sur votre stratégie de recherche : cibler le recruteur en premier, c'est cibler le mauvais interlocuteur.

Faites en sorte qu'on aie envie d'en savoir plus sur vous


La question n'est pas "comment envoyer mon dossier pour qu'il soit remarqué ?". La vraie question est :
comment faire en sorte que quelqu'un ait envie de parler avec moi ?

Ce renversement change tout.

Quand un·e manager ou un·e futur·e collègue vous demande directement votre CV pour le transmettre en interne, vous avez déjà passé le filtre le plus important. Vous arrivez avec une recommandation, une légitimité, un contexte. La/ le recruteuse·eur ne peut plus vous ignorer — iel doit au contraire vous traiter en priorité.


C'est exactement ce que nous faisons pour nos clients : nous ne leur envoyons pas des candidat·es qui ont "bien postulé", nous allons chercher des profils qui ne se cherchent pas, nous créons le contact, nous suscitions l'intérêt. Vous pouvez faire la même chose pour vous-même.

Passez en premier — c'est plus important qu'on ne le croit


Voici une autre réalité que peu de candidat·es acceptent :
quand une annonce est publiée, les meilleures places sont souvent déjà prises.

Avant même la publication d'un poste, le ou la manager mobilise son réseau, demande des recommandations à ses équipes, contacte des profils qu'iel a croisés lors d'événements. C'est le moyen le moins cher de recruter ! Si bien que l'annonce ne vient qu'ensuite — et souvent, elle est déjà presque accessoire.

Si vous postulez via un jobboard, vous arrivez en queue de peloton. Même si vous êtes le ou la première à cliquer sur "Postuler".

Quand les décisionnaires sont débordé·es et sans méthode d'évaluation structurée, ils·elles ont naturellement tendance à valoriser les profils qui leur ont été recommandés, ceux qui ont pris contact avant la publication, ceux qui sont arrivés en premier dans leur radar.

Postuler à une annonce, c'est partir avec un handicap.

La solution ? Construire son réseau


Je sais ce que vous pensez : "C'est bien beau, mais je ne connais personne dans ce secteur / dans cette boîte / dans cette région."

C'est là que la plupart des candidat·es s'arrêtent, et c'est là qu'iels commettent leur première erreur !

Il existe une méthode simple, documentée depuis des décennies dans le monde anglo-saxon, et pourtant quasi ignorée en France comme en Suisse romande : l'entretien exploratoire (ou informational interview).

L'idée est d'aller rencontrer — sincèrement, sans arrière-pensée — des personnes qui exercent le métier ou évoluent dans le secteur qui vous intéresse, pour comprendre à quoi ressemble concrètement leur quotidien.

Ce n'est pas du réseautage forcé. Ce n'est pas "déranger les gens". C'est une démarche d'information qui, dans la grande majorité des cas, est bien reçue — parce que les gens aiment parler de leur métier quand on leur pose de vraies questions.

Voici quelques pistes de questions pour structurer ces échanges :

Sur les tendances du secteur

  • Quelles évolutions ont le plus impacté votre activité ces dernières années ?
  • Comment voyez-vous évoluer votre métier dans les prochaines années ?

Sur la réalité du quotidien

  • Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans ce rôle ?
  • Quelle compétence est, selon vous, vraiment déterminante pour réussir dans cet environnement ?

Sur les conseils pratiques

  • Si vous étiez à ma place, que feriez-vous dès maintenant pour vous positionner sérieusement sur ce type de poste ?
  • Qu'est-ce que vous auriez aimé savoir avant de commencer ?

Pour ouvrir des portes

  • Connaissez-vous des personnes à qui il serait pertinent que je parle ?

Cette dernière question est souvent la plus précieuse. Elle transforme un échange ponctuel en point d'entrée vers un réseau plus large.

Planter des graines — et savoir les arroser


Le vrai pouvoir de cette démarche ne se voit pas immédiatement. Il se construit dans le temps.

En multipliant ces conversations, vous accumulez une vision du marché que personne d'autre n'a : vous savez quelles équipes recrutent vraiment, quelles entreprises vivent des changements, quels profils sont recherchés mais introuvables. Vous devenez, peu à peu, visible dans un écosystème — non pas comme "quelqu'un qui cherche un emploi", mais comme quelqu'un d'intéressant, de curieux·se, de pertinent·e.

Et quand une opportunité émerge, vous n'aurez pas besoin de postuler : on pensera naturellement à vous.

C'est, très exactement, ce que nous faisons côté recrutement : identifier les profils qui ne se cherchent pas, créer le contexte pour qu'ils s'intéressent à une opportunité, et faciliter la mise en relation au bon moment.

Vous pouvez orchestrer la même chose pour votre propre carrière.


Ce que TheWhiteRabbit peut — et ne peut pas — faire pour vous

Si vous nous avez contacté et que nous n'avons pas pu vous accompagner directement, ce n'est pas un jugement sur votre profil. C'est simplement que nos mandats actifs ne correspondaient pas à votre situation au moment de votre prise de contact.

En revanche, si votre profil entre dans le périmètre d'un futur mandat, nous viendrons vous chercher — c'est notre métier. D'où l'importance de rester visible : un profil LinkedIn à jour, une présence dans votre écosystème, des échanges réguliers avec les bonnes personnes.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur la manière dont nous travaillons — pour comprendre comment les sourceurs pensent, et en tirer parti pour votre propre recherche — n'hésitez pas à parcourir nos autres articles.

July 4, 2024
"Peau de lapin... peau de lapin." Eh oui ! Pour cette rentrée 2023, TheWhiteRabbit s'offre un relooking ! L'agence a démarré son activité sur les chapeaux de roue en 2021 et n'avait jamais pris le temps de se poser sur son image, son positionnement, ses valeurs. Tout cela était très clair dans nos esprits mais, aspirés par le développement de notre activité, nous ne l'avions jamais posé sur papier ! Grâce à l'arrivée de Margot dans l'équipe, c'est désormais chose faite. Nous vous dévoilons ici les dessous de la toute nouvelle ligne éditoriale et graphique de l'agence: un esthétisme épuré et sans prétention, une posture de prestation sur-mesure et de partage des savoirs: nous n’avons pas fait les choses à moitié ! En réalité, l’image de marque, c’est bien plus important qu’on ne le croit (comme le souligne régulièrement Margot à tous ceux qui veulent bien l'écouter :-)). Aborder son activité avec le souci d'assurer la meilleure prestation qui soit, c'est (déjà) très bien. Savoir communiquer autour de cette notion, c'est encore mieux ! Chez TheWhiteRabbit, nous passons notre temps à prendre soin de la marque employeur des entreprises pour lesquelles nous sourçons / recrutons, à travers chacun de nos messages, chacun de nos échanges avec les talents, chacune de nos publications. Mais c'était un peu (complètement, si je suis tout à fait franche) au détriment du branding de l'agence, avec son logo dessiné en 2 heures sur le coin d'une nappe et son USP inexistante. Et c'était d'autant plus tentant de ne pas y investir de temps que jusqu'à aujourd'hui, nos Clients sont tous venus à nous sans aucune communication ni sollicitation de notre part ! Une bonne "claque" à l'ex-professionnelle du marketing que je suis, soit dit en passant: le bouche-à-oreille (et donc... une fois encore... l'humain), c'est décidément le meilleur canal de développement possible, le plus confortable, aussi ; et ça ne coûte "que" de faire en sorte que ses Clients deviennent spontanément vos meilleurs agents commerciaux !
July 4, 2024
Au plus proche de nos clients ! Installés depuis quelques années à Carouge, d'où nous diffusons notre expertise en "craquage d'algorithmes", en data analytics (débiaisage de jeux de données) et en stratégie de recherche d'emploi auprès des jeunes professionnels·elles du canton de Genève, TheWhiteRabbit se rapproche de Lausanne et investit l'écovillage de Grandvaux, à deux pas de l'épicentre de l'innovation industrielle et technologique romande. En bonus, une vue à couper le souffle sur le lac et les montagnes qui s'y plongent ! Le canton de Vaud, au-delà de ses reliefs à l'incontestable beauté et de ses bâtiments ultramodernes, est aussi un véritable hub d'innovation international qui a vu naître ces dernières années une multitude d'entreprises innovantes des secteurs technologique et industriel. C'est également le foyer d'Universités, d’Instituts et de pépinières de renommée internationale, tels que l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et ses spin-offs prometteuses, capables d'attirer les têtes pensantes de demain et de leur offrir un terreau de développement foisonnant. Toujours soucieuse de nouer et de préserver des relations exclusives et privilégiées avec ses clients·tes comme avec les candidats·tes, TheWhiteRabbit élargit son écosystème et participe à cette émulation des talents. Le digital, l'automatisation, le distanciel, oui. Pour un maximum de productivité et d'efficacité. Mais jamais - au grand jamais - au détriment de notre raison d'être et de ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue: entretenir des relations riches et authentiques, et susciter la possibilité, dès que faire se peut, de partager son expertise, de réfléchir ensemble et de construire autour d'une table (ou d'un café). Alors... à très vite à Grandvaux, Lausanne ou ailleurs ?
July 4, 2024
Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités ! À l'ère de la course effrénée aux innovations technologiques, ChatGPT arrive bien sûr en tête des plus notables de ces derniers mois. Et ce n’est que le début (du début). Est-ce que les possibilités que l’on touche désormais du doigt font rêver et donnent le vertige ? Oui. Est-ce que l’on est tous suffisamment conscients de l’envers du décor de l’IA ? A mon sens, clairement, non. Pour enclencher l’apprentissage d’une IA, il est primordial de passer par de l’annotation: on étiquette les données pour qu’elles soient convenablement répertoriées. C’est un travail titanesque de tâches extrêmement répétitives. Pour ce faire, rien de mieux que… Les humains, car l’intelligence humaine est, rappelons-le : l’incontournable socle d’une intelligence artificielle. Mais où et comment sont construits les algorithmes ? Je suis sourceuse. Les conditions de travail, je ne prends pas ça à la légère. Dans de nombreux cas, l'industrie du “travail numérique” est externalisée vers des pays en voie de développement, avec des coûts de main-d'œuvre extrêmement bas en comparaison avec ceux pratiqués “dans nos contrées”. Une enquête récente a révélé que l'entreprise SAMA, établie en Californie et se présentant comme une entreprise “éthique” spécialisée dans l'IA, employait des travailleurs kényans à Nairobi pour un salaire horaire inférieur à 2 dollars pour la tâche consistant à annoter du contenu pour ChatGPT. De manière générale, les annotateurs travaillent dans des conditions extrêmement précaires entretenues en partie par une bulle d’anonymat : ils n’ont pas de connaissance précise de l'entreprise pour laquelle ils contribuent (d’ailleurs, sait-on bien qui est derrière ChatGPT et comment sont indexées les données ? Selon quels critères, quels objectifs, quelle culture ?). Dans la plupart des cas, ces personnes sont conscientes qu'elles participent à l'entraînement des intelligences artificielles pour le bénéfice d’une entreprise dont la localisation demeure parfaitement floue. Pourtant, l'injustice est criante: des salaires de misère, des conditions de travail déplorables, pour enrichir des multinationales à l’origine de développements adoptés à l’unanimité sans aucune remise en question. Résultat du système: encore une fois, on creuse le fossé entre les ultra-riches (nous), les 1% de l’humanité qui consommons 99% des ressources de la planète et détenons 99% des richesses. Nous, les utilisateurs de chatGPT, qui nous délectons de la possibilité de créer des chiens-girafes avec un casque de motard à plumes. Et de gagner en productivité à tout prix, bien sûr, puisque là est la seule et unique forme de subsistance envisagée: le graal, la croissance à tout prix, sans se poser de questions ! Reprenons le cas de ChatGPT et de SAMA. Outre le fait que les employés sont rémunérés à moins de deux dollars de l'heure, leur travail implique la détection de contenus toxiques, dans le but d'améliorer les futures versions des modèles d'IA. Cela signifie qu'ils sont confrontés à des milliers de textes traitant par exemple d’inceste, de mutilations, de meurtres ou de tortures, certains d'entre eux avec un caractère pour le moins explicite. Cette exposition répétée à des contenus aussi violents peut avoir des conséquences sur la santé mentale des personnes qui la subissent. Est-ce que quelqu’un en tient compte ? On peut s’inquiéter à bon escient de la protection de ses données (personnelles, professionnelles) lorsqu’on les rentre dans ChatGPT, et, pourquoi pas, de la notion de propriété des “créations” générées par l’IA (le fameux chien-girafe qui fera une carte de vœux tellement fun). Mais QUI, aujourd’hui, questionne la responsabilité des entreprises qui “emploient” les annotateurs tout en déterminant pour nous de manière tout à fait opaque, partiale et capitaliste la vision que l’on doit avoir du monde ? (ce nouveau monopole que l’on est en train de mettre en place joyeusement fera très probablement l’objet d’un prochain post) La solution ? Je ne l’ai pas. Est-ce que je boycotte ChatGPT pour autant ? Loin de là. Je l’ai moi aussi intégré dans mon quotidien professionnel il y a des mois de cela, et je le vois grignoter aussi petit à petit mon quotidien personnel. Mais la réflexion ne fait que commencer, en est à ses prémices, et réveiller les consciences - du moins je l’espère - pourra peut-être contribuer à ce que les questions fondamentales d’équité, d’inclusivité, de respect, de décence… soient enfin mises au cœur du débat. Que la course continue, c’est désormais inévitable. Mais si on pouvait baliser un peu plus la piste, moi je ne dis pas non. Sources : https://time.com/6247678/openai-chatgpt-kenya-workers/ https://www.theverge.com/features/23764584/ai-artificial-intelligence-data-notation-labor-scale-surge-remotasks-openai-chatbots https://theconversation.com/enquete-derriere-lia-les-travailleurs-precaires-des-pays-du-sud-201503 https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20230120-chatgpt-sama-l-entreprise-%C3%A9thique-derri%C3%A8re-les-scandales-de-mod%C3%A9ration-au-kenya